verimploz

40 printemps, c’est un sacré cap à passer dans la vie d’un homme. Ce n’est pas pour rien que l’autre nom de la crise de la quarantaine est "la crise du milieu de vie" !

Même si elle semble éclater soudainement, les racines de la crise de la quarantaine sont déjà là, cachées à l’ombre de nos vies bien réglées en apparence.

Alors, lorsque l’inexorable tic-tac du temps qui passe donne un coup d’accélérateur à nos vies ...

Durant cette période délicate, on s’observe différemment dans la glace : des cheveux blancs chagrinent le moral, des cernes accentuent la sensation de lassitude liée à certains aspects du quotidien, les rides qui se prononcent, semblent faire un pied de nez en rappelant impitoyablement que le temps a passé, que la jeunesse n’est pas éternelle.

Ce temps qui nous est imparti et que nous tenons entre nos mains tel un sablier qui égraine inexorablement le sable qu’il contient et que nous laissons filer entre nos doigts, à toute vitesse. Dans notre tête, le compte à rebours de la fin de vie s’est enclenché. Le choc peut être terrible.
 

C’est une violente prise de conscience de la finitude de la condition humaine!implo
L’expérience de chacun, l’éducation, les modèles de vie parentaux, les antécédents, le parcours, les renoncements successifs, les choix et non choix qui ont été faits conditionnent l’intensité et la profondeur de la crise du milieu de vie.

Les experts dans le domaine de l’accompagnement à la personne s’accordent pour dire qu’il y a une période propice à cette profonde remise en question qui touche l’ensemble des aspects de la vie de l’individu (physique, affectif, familial, économique, existentiel, social, sentimental, professionnel). Elle se situerait entre 38 et 55 ans. C’est le moment du 1er bilan, de la remise en question de la 1ère moitié de vie.

Hommes et femmes ne la vivent pas de la même façon pour des raisons sociales et biologiques. A petite dose ou à flot, chacun en subit les manifestations de façons différentes mais scandées par un capharnaüm mental d’interrogations existentielles, alternant des phases d’intense abattement, de confusion, de démotivation et de colère qui compliquent le vécu de la crise pour l’entourage et pour soi.

Les questions sur le sens de la vie que génère cette période de transition permettent de mieux comprendre cette crise: qu’est-ce que je fais de mon temps? A quoi ai-je renoncé? Suis-je heureux/se ? Comment vais-je vieillir ? Avec qui ? Qu’est-ce que je fais de ma vie ? De mes rêves ?

Elle est une remise en question de soi que l’on évalue à la lumière de l’écart entre les rêves qui nous habitaient et la réalité du quotidien.

Pour certains, il s’agira d’un véritable retour en enfance alors que pour d’autres ce sera une forme de déprime car il/elle se sentira vieux (vieille) et inutil(e).

Le premier des cas est le plus dangereux car ces personnes souhaitent retrouver une seconde jeunesse. Elles souhaitent par exemple passer davantage de temps avec leurs amis, en organisant des sorties ou des soirées et en s’affranchissant complètement des règles du couple.

6 types de facteurs peuvent déclencher la crise et susciter le flot d’interrogations sur le sens donné à celle-ci:

1/ Facteurs physiques : cheveux blancs, rides, fatigue physique, souci de santé, essoufflement lors d’une pratique sportive, pannes sexuelles significatives, premiers signes physiques tangibles du temps qui passe, et conséquente prise de conscience que la jeunesse s’échappe.

2/ Facteurs professionnels : promotion refusée ou attendue qui n’arrive pas, licenciement ou perte d’un emploi, burnout, ennui dans le travail, perte de sens professionnel, mise au placard,...

3/ Facteurs familiaux : syndrome du nid qui se vide, les enfants de plus en plus autonomes se transforment en jeunes adultes, prise de conscience par rapport au fait que vos enfants vous jugent, retour à l’emploi difficile, comparaisons entre parents et enfants ...

4/ Facteurs psychiques ou existentiels : interrogation sur ce que l’on a - ou on a  pas - construit jusque-là, sur les règles respectées et appliquées, pas toujours en accord avec nos valeurs, nos exigences. On se rend compte que l’on s’est adapté, accommodé parfois de façon coûteuse au niveau émotionnel, pour entrer dans le moule préconisé par le contexte, par la société.

5/ Facteurs de couple: chez la femme, cela correspond, entre autre, au rappel de ce glas qu’est l’horloge biologique, à l’urgence de mettre au monde un enfant pour se sentir accomplie; mais aussi la peur de perdre la féminité, le pouvoir de séduction accentué par le jeunisme « à tout prix » contemporain.Chez l’homme, c’est l’appel du démon de midi ou le désir de séduire encore une femme souvent plus jeune.

6/ Facteurs affectifs : c’est l’envie impérieuse des célibataires de s’installer avec un/e partenaire et de fonder une famille. Les couples ne sont pas exempts de cette crise affective qui les affecte tout autant, se sentent parfois piégés dans une relation qui ne leur correspond plus, trop routinière ou désormais vécu sans saveur. Lui, elle, il est crucial de comprendre que vous n’aurez plus en face de vous votre partenaire ou vous ne serez plus jamais la même personne car cette crise fait naître de nouvelles envies, modifie intégralement le système de valeurs de votre partenaire et surtout, fait émerger des différences de philosophie de vie.